Espace Jardin

La nature reprend ses droits au potager

Avec peu de travail et sans engrais ni pesticide, il est possible de créer un espace généreux.. On se lance !

Élaborée dans les années 1970, en réaction aux dégradations de l’environnement liées à l’agriculture de masse, la permaculture n’a jamais été autant d’actualité. Littéralement « permanent culture », au sens du durable, cette méthode est économe en temps de travail, eau et énergie. Elle n’utilise ni engrais ni pesticide, ne nécessite ni sarclage ni labour.

L’idée consiste à s’inspirer du fonctionnement très efficace de la nature, notamment des forêts , pour en tirer un bien meilleur parti de nos surfaces cultivées, dans le respect de l’environnement et de la préservation des ressources de notre planète. Voici comment l’adopter pour créer un potager, petit et généreux.

Les cultures gagnent en hauteur

Pourquoi s’arrêter à une culture au ras du sol, alors que, dans la nature, les plantes se développent sur plusieurs niveaux ? Voici un potager conçu  sur trois étages.

1 – Les légumes au sol ( carotte, poireau, pomme de terre, salade, chou, courgette… )

Gagnez beaucoup de place grâce à une disposition judicieuse.

  • Des cultures intercalaires. Associez les légumes qui poussent lentement à d’autres rapides. Espacez normalement vos choux de 60 cm et, dans les espaces libres, semez des épinards ou repiquez des salades qui seront mangés avant que les choux n’aient besoin de tout l’espace.
  • Un espace pépinière. Au début, 1 à 2 m² suffisent pour semer vos laitues, chicorées, choux et poireaux. Ils se développent tout d’abord les uns contre les autres et il est plus facile de les arroser. Repiquez-les ensuite à leur emplacement définitif pour leur donner plus d’espace.
  • Des cultures complémentaires. Plantez côte à côte des légumes aux formes et besoins différents: carotte (légume racine) et laitue ( légume feuille), courgette et fenouil, aubergine et betterave… Utilisez les espaces vides pour cultiver des herbes (persil, estragon, ciboulette).

2 – Ceux qui grimpent ( concombre, tomate, pois, haricot, courge, melon..)

Produisant en hauteur ces plantes libèrent de la place au sol pour ce qu’on ne peut cultiver autrement.

  • Profitez des clôtures autour du potager, des parois ensoleillées d’une cabane. Les pieds de tournesol ou de maïs doux, résistants, sont à exploiter en plus du tuteurage.
  • Colonisez l’espace aérien. Palissez les légumes sur des arches hautes enjambant allées ou compost.

3 – Les plantes hautes ( arbres et arbustes)

Grâce à leurs profondes racines, ils utilisent des richesses du sous-sol inexploitées par les légumes. Ils assurent le drainage de la terre et la fertilité du sol, car ils favorisent la présence de champignons qui aident à la formation de l’humus.

  • Arbres fruitiers. Palissez (cordon, palmette) , pommier, poirier et vigne ont leur place en bordure du potager. On peut aussi créer une plate-bande potagère entre deux rangées de fruitiers encore jeunes.
  • Petits fruits. Groseillier, cassissier, framboisier…et, dans un grand jardin, noisetier ou sureau forment des haies pour les insectes utiles.
  • Aromatiques. Laurier, romarin et lavande offrent un feuillage persistant, agréable en hiver.

Rien ne se perd…

Les plantes volumineuse et variées permettent de disposer de déchets à recycler ( feuilles, branches mortes). On évite ainsi les engrais, et pas seulement…

  • Les résidus de la récolte. N’emportez  à la cuisine que ce que vous mangerez. Coupez la salade, mais laissez la racine en terre. Récoltez les carottes et laissez les fanes sur le sol en guise de paillis. Prélevez le chou-fleur et placez au compost feuilles et tiges découpées en tronçons.
  • Les résidus de la taille. Élagués, coupés  une fois l’an, arbres et arbustes fournissent du petit bois à broyer et à réutiliser en paillis pour conserver un bon taux d’humus, qui limite l’arrosage.
  • Des compléments utiles. L’hiver, on ajoute au pied des légumes restant en place (choux, poireaux, chicorées…) des engrais verts (moutarde, vesce, pois, épinards…). Ailleurs dans le jardin, on récupère de quoi alimenter compost et paillis : tonte de pelouse, feuilles mortes, orties.

Et le sol travaille tout seul !

Le sol n’est pas composé que de terre, il contient tous les éléments vivants lui permettant de rester aéré et donc meuble. Il est donc essentiel de respecter trois règles.

  • Ne pas retourner la terre : les vers, microbes et champignons qui la composent ont besoin d’air pour « travailler ». Retourner le sol revient à les tuer par asphyxie. Une erreur, car, après , vous devrez vous échiner à faire leur boulot .
  • Maintenir le sol toujours planté ou couvert : les feuilles mortes, résidus végétaux et substances émises par les racines des plantes nourrissent et protègent vos alliés. Encouragez donc leur ardeur en ne laissant jamais le sol nu.
  • Bannir tout produit chimique : les fongicides détruisent les champignons, les insecticides détruisent les insectes et donc… la vie et la richesse du sol.

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